1.- Les onze éléments paysagers de notre PLU

Le dernier article du "Parisien" sur la Villa de la place du Parc élargit le débat : au-delà de ce manoir pittoresque, c'est toute la politique concernant notre patrimoine qui est à revoir...

Nouvelles perspectives d'action après la parution d'un nouvel article du Parisien sur le patrimoine bryard

Nous vous l'avions annoncé sur ce site internet, le journal "Le Parisien" a fait paraître tout récemment un second article sur la dernière grande villa de Bry. Avec l'aimable autorisation de l'auteur, Joffrey Vovos, journaliste au "Parisien", nous avons fait parvenir une copie intégrale de cet article à nos adhérents, accompagnée de toute une présentation explicative. L'ensemble forme notre "Lettre de l'association n°8" datée de mai 2010.
Quant aux signataires de la pétition non adhérents de l'association, ils reçoivent ces jours-ci la copie de cet article précédée de quelques mots de présentation.

Nous expliquions à nos adhérents que le journaliste s'interrogeait à juste titre sur les raisons de la démolition de cette grande villa pittoresque, au-delà de la légitime émotion que cela suscite. Le problème semble bien résider dans un déficit de réflexion sur la place du patrimoine dans notre ville, et surtout son patrimoine bâti.

Quoiqu'en disent nos élus, toujours prompts à se féliciter de leur action, il semble bien que l'idée d'une préservation des édifices remarquables soit encore balbutiante à Bry. Dans ce domaine, l'ignorance, feinte ou réelle, le dispute à l'inconscience. Il n'est qu'à lire la livraison du mois d'avril de notre revue municipale pour s'en convaincre. Nous orientons ici le lecteur vers notre article "Le patrimoine vu par nos édiles" pour qu'il puisse se forger une opinion sur le contenu du dossier de "la Vie à Bry" présenté sous le titre quelque peu hasardeux de "Bry protège son patrimoine". Les faits hélas sont là pour le démentir.

Le journaliste le rappelle : alors que d'autres communes du Val-de-Marne protègent par centaines leurs maisons remarquables dans le cadre adéquat d'une ZPPAUP, l'équipe en place persiste à considérer que nos "11 éléments paysagers" suffisent. Le premier magistrat de notre commune l'a répété dans le cadre des dernières "Rencontres de la Pépinière" de novembre dernier lorsque nous l'avons interpellé au sujet de la Villa en lui remettant une nouvelle livraison de 10 feuilles de signatures.

Lors de nos écrits diffusés à l'occasion des dernières "Journées du Patrimoine" et auxquels nous renvoyons le lecteur, nous avions expliqué combien cette liste des 11 éléments paysagers nous paraissait lacunaire. Reprenons-les plus posément pour mieux les discuter.
Nous avons :
1- l'hôtel de Malestroit. En fait, c'est inutile de l'inscrire à notre PLU : il est déjà protégé par l'État, c'est-à-dire à un niveau de protection supérieur à celui que peut offrir notre commune.
2- l'église et son diorama. Encore inutile : celui-ci est aussi protégé par l'État.
3- le monument du square du Maréchal de Lattre de Tassigny, c'est-à-dire sa colonnade. Elle semble peu menacée, protégée qu'elle est par sa situation dans ce parc public qu'aucun promoteur ne songerait à lotir !
4- la gare S.N.C.F. (pas le R.E.R.!). Voilà notre 1er monument qui a réellement besoin effectivement d'une protection. Notons qu'il appartient à un établissement public.
5- le lavoir du square du même nom, donnant sur l'avenue du Général Leclerc. Là encore, il s'insère dans un square (voir notre dossier photos) ouvert au public et nous voyons mal ce qui en menace l'existence. Quant à l'intérêt de la chose, voyez vous même sur la photo qui illustre cet article...
6- le colombier, près du château de Bry. En réalité, le mal est déjà fait : il est prisonnier d'une gangue d'immeubles modernes.
7- le château de Bry lui-même, actuelle école privée. C'est notre n°2. Observons qu'il appartient à un institut.
8- le château Daguerre, c'est-à-dire plus précisément la maison dite de Daguerre. C'est utile aussi de l'avoir préservé. Il appartenait encore mais pour plus très longtemps à la fondation célèbre du nom de Léopold Bellan.
9- le porche d'entrée de l'institut Léopold Bellan sur la rue du 136ème de Ligne. Très bien. Même observation que dessus sur son propriétaire. Et pourquoi pas le porche tout proche de la fondation Favier qui accueille les personnes âgées ?
10- la passerelle reliant Bry au Perreux. On voit mal ce qui la menace de démolition !
11- le château Lorenz, siège du "Rayon de Soleil bryard". Bien, il le fallait, même si son appartenance à la ville le rend moins vulnérable.

Où voulons-nous en venir ?
A ceci : beaucoup de monuments de cette maigre liste ne comptent pas en réalité. On dirait qu'ils sont là uniquement pour faire nombre... Personnellement, nous en retiendrons seulement 5 d'utiles.
On remarquera aussi que tous les bâtiments de cette liste appartiennent à une collectivité, aucun à un propriétaire privé non institutionnel. Or, nous le constatons chaque jour, ce sont les simples maisons de caractère possédés par de simples particuliers qui sont la proie des promoteurs et qui disparaissent les uns après les autres. Ce sont celles-là qui ont besoin d'être protégées...

Il y a donc urgence à agir. Qu'on ne vienne pas nous dire que tout cela n'a qu'une importance secondaire, c'est au contraire un élément essentiel de l'image de notre ville. C'est cela qui est en jeu.

Emmanuel Copin, 23 juin 2010.

Retour à l'accueil