1.- Un besoin d'espaces verts

Un terrain situé à l'angle de la rue de la République et de la rue de la Marne. Il a été un temps question d'en faire un jardin-croupion, en vérité pour nous faire avaler le refus d'un vrai jardin public autour de la Villa place du Parc. C'est notre premier article, édité dans la Lettre n°1 de l'association qui a été en son temps distribuée à nos adhérents. Ce texte date d'avril 2009.

UN BESOIN D'ESPACES VERTS

UN PROJET MUNICIPAL
Notre ville se transforme sous nos yeux et nous oublions bientôt ce qui disparait. Dans les quartiers bas de la ville, vers la passerelle de Bry qui conduit au Perreux, se trouve un carrefour formé par le croisement de deux rues, la rue de la République et le début de la rue du Parc. L'angle formé par ces deux rues était jusqu'à voici peu un large triangle de verdure dont une partie était, et reste encore à l'heure où nous écrivons, plantée de pommiers. Il avait été un temps envisagé de construire un immeuble sur cette large superficie. Ce projet incongru a été abandonné au profit d'un découpage de la parcelle en quatre morceaux. Sur trois d'entre eux ont été rapidement montées des maisons individuelles de ce type standardisé qui fleurit à Bry depuis quelque temps. La partie la plus proche de l'angle, à la situation à vrai dire mal commode pour un promoteur, a été recyclée de façon inattendue en projet pour un espace public avec des jeux d'enfants. C'est en tout cas ce qu'indique le panonceau que l'on peut apercevoir sur la photographie prise à l'époque.

Lors d'un entretien avec le maire de notre commune en février de l'année passée, nous avions déjà eu l'occasion de nous étonner d'un tel projet à cet endroit là. D'abord, au motif de la modestie de la superficie (370 m²) dévolue à ce jardin. C'est tout à fait sous- dimensionné, et ne saurait pallier l'insuffisance notoire d'espaces verts dans ce quartier situé non loin de la Marne. Ensuite, au regard de sa situation, trop loin des deux écoles de la Pépinière pour que les enfants de maternelle et de primaire puissent profiter d'un espace récréatif qui leur serait nécessaire. Pour s'y rendre, venant des écoles, les parents les plus courageux seront rapidement rebutés par l'étroitesse des trottoirs, qui rend le trajet impraticable aux poussettes. Quant à marcher dans la rue, c'est à ses risques et périls ! Faudra t-il toujours compter sur la voiture pour parcourir les cinq cent mètres nécessaires ? Ce n'est pas très écologique... Et qu'on ne vienne pas nous dire que la présence à proximité des bords de Marne suffit à combler le besoin en espaces verts du quartier : peut-être est-ce vrai pour les amateurs de course à pied qui apprécient les longueurs. Mais les enfants voudraient pouvoir profiter d'une aire de jeux et leurs parents d'un espace de détente sans être sans cesse sur le qui-vive. Sur les bords de Marne, d'un côté passent les voitures ou les cyclistes et de l'autre plane le danger potentiel de la chute d'un bambin dans la rivière. On nous a aussi affirmé que les habitants de ce quartier disposent de leurs jardins personnels et qu'ils n'ont donc nul besoin de jardin public. Tant pis pour la convivialité : rentrez chez vous ! C'est oublier aussi un peu vite ceux qui résident dans les immeubles du secteur, avenue de Rigny, rue de la Prairie ou rue de la Passerelle et qui ne disposent donc pas du précieux jardinet...

Le plus stupéfiant est l'annonce sur ce même panonceau d'un point d'apport pour le tri des déchets à cet endroit. Il s'agit de la collecte du papier, du verre et parfois aussi des piles. Mais a-t-on bien réfléchi ? Sait-on que la présence d'un point d'apport « verre » appelle inévitablement, qu'on le veuille ou non, la présence au sol d'éclats coupants sur lesquels viendront se blesser les petits ? Qu'apparaissent forcément, à la longue, des dépôts sauvages plus ou moins dangereux ? Et qui peut garantir que les poubelles ne déborderont jamais de détritus divers ? Et que penser des inévitables voitures, moteur tournant, venues déposer le contenu de leur coffre pendant que les enfants jouent tout près ?

UNE SOLUTION PLUS AMBITIEUSE
Mais essayons de voir plus loin. La mairie a opté pour une dérèglementation générale du foncier permettant à terme une urbanisation massive (c'est le PLU). Si elle est logique avec elle-même, il est clair qu'il va bien falloir changer d'échelle pour accueillir un nombre accru d'habitants. La ville a besoin de voir grand, en particulier pour ses espaces verts.

AVIS DE RECHERCHE !  
Recherchons espace vert d'une taille analogue à celui du square du Maréchal de Lattre de Tassigny (là où sont les boulistes), en position centrale par rapport aux quartiers bas de la ville, et à proximité des écoles, avec présence d'arbres pour garantir au public un ombrage permettant de ne pas trop souffrir des canicules annoncées... 

Ne cherchez plus, nous avons !
Nous nous époumonons à le répéter : cet endroit existe déjà : c'est l'espace au milieu duquel s'élève une villa ancienne repérée par les services du ministère de la Culture et qui a fait l'objet d'une pétition monstre. Les écoles de la Pépinière sont toutes proches. Les enfants trouveraient matière à utiliser une partie de l'espace sous forme de jardin pédagogique où ils pourraient s'initier, sous la conduite de leurs professeurs ou d'intervenants extérieurs, aux techniques de jardinage. Il n'y a pas que les parents qui souhaitent un espace public à cet endroit. Les personnes âgées aussi sont demandeuses de bancs pour se reposer et bavarder dans un havre de paix sur le chemin qui conduit aux bords de Marne, à proximité d'une boulangerie-pâtisserie et d'un café.

Quant à la villa, nous avons proposé pour cet élément essentiel de notre patrimoine une destination d'intérêt général : école de musique ou office culturel de Bry. Ce serait bien mieux que de la raser pour laisser place à des immeubles de « grand standing » ! L'hôtel de Malestroit qui abrite actuellement ces deux entités manque de place. La villa est trop petite ? Les 4000 m² du jardin permettent d'ajouter d'autres structures. Le tout, jardin et villa, sous la surveillance d'un gardien qui serait logé dans le pavillon d'entrée déjà existant et qui servait à cela.
On allègue l'impossibilité d'une mise aux normes handicapés de la « bâtisse », (voir « La vie à Bry » d'octobre 2008 p. 14). Un cabinet d'avocats situé à Paris a réagi par une note cinglante qui a été rendue publique par les associations en novembre 2008 et qui peut se résumer ainsi : les architectes savent faire.
On dit aussi que la demeure est vétuste. C'est l'argument classique, usé jusqu'à la corde, des démolisseurs de tout poil, et qui perdure, à croire qu'il existe quelque part un manuel du parfait petit démolisseur à l'usage de ceux qui veulent en finir avec le patrimoine ! Permettez-nous de le dire : à ce compte là, il n'y aurait plus aucun monument ancien debout sur terre puisque forcément, à un moment ou à un autre, ils se sont tous trouvés en piteux état. A Bry, les Anciens se souviennent de l'état déplorable de l'hôtel de Malestroit avant son sauvetage.
Quoi d'autre ? Le coût bien sûr ! Pourtant, l'exemple de la restauration de la maison Joron à deux pas de la mairie (la future maison des associations) est là pour nous en convaincre : lorsque l'intérêt général des habitants le justifie, les financements croisés permettent de ne laisser à la ville qu'une partie de la dépense. Nous avons la chance d'avoir un maire très actif : il a su traverser l'Atlantique pour trouver un financement au diorama de Daguerre. Il pourrait promouvoir le projet de la place du Parc. C'est une question de volonté.
Ne passons pas à côté d'une chance pareille !

Emmanuel Copin, 25 avril 2009.

Epilogue : Le panonceau visible sur la photographie a été retiré à la faveur de l'été 2009. Lors des dernières rencontres organisées par la municipalité en novembre 2009 dans le quartier concerné par le projet, à savoir la Pépinière, notre maire a fait un appel à propositions pour tenter de sortir de l'impasse... C'était bien la peine.

Retour à l'accueil

MOIS D'OCTOBRE, MOIS INTERNATIONAL DE L'ARBRE ET DE LA FORÊT DES VILLES...

En ne songeant qu'au bâtiment, on risque de passer les arbres par pertes et profits. C'est bien ce qui est en train de se produire à Bry.

Octobre 2011, qui vient de s'écouler, avait été consacré "Mois international de l'arbre et de la forêt des villes". Ce mois s'inscrivait dans le cadre de l'"Année internationale des forêts", 2011 donc, voulue par l'ONU, et pilotée par la FAO, organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.

L'avons-nous su ? Certainement pas en feuilletant les pages de notre revue promotionnelle locale, "la Vie à Bry" (c'est comme cela qu'on appelle toutes ces publications issues des collectivités territoriales).
C'est que cette promotion ne devait pas rentrer dans les plans de la municipalité pour la Ville.

A l'allure où va l'économie, il n'est pas dit que les jardins des citadins ne puissent jamais servir ici ou là à quelques plantations de légumes ou d'arbres fruitiers. C'est en tout cas ce qu'explique un article paru dans le journal Le Monde daté du samedi 19 novembre sous le titre "L'arbre, allié de taille", signé Frédéric Joignot.
La FAO en a fait un des axes de sa politique sous forme d'aides et de financements, certes à l'échelle mondiale.

Il n'en reste pas moins que nos villes ont aujourd'hui grand besoin de ceintures vertes et d'espaces arborés. L'arbre urbain préserve les sols, contient les inondations, purifie l'air, produit de l'oxygène, rend la ville plus agréable et plus fraîche. 

Une zone boisée de 50 m2 fait baisser la température de 3,5°.
A méditer avant que ne se produise la prochaine canicule. Nous pourrions alors bien regretter la politique absurde en cours actuellement à Bry (ou l'absence de politique... puisque c'est du "laisser-faire" les promoteurs). Il sera alors trop tard.

Les abattages se poursuivent partout et touchent en particulier les vieux arbres, alors que plus les arbres sont grands, plus ils sont utiles. Trop facile leur remplacement par des plumeaux rachitiques dont la moitié meurent dans l'année...

Pauvre Bry, courage !

                                                                                                                                                                                                                     Emmanuel Copin, le 20 novembre 2011

°°°°°°°°°