2.- Bry et les journées du patrimoine

La protection du patrimoine bryard à l'occasion des Journées du patrimoine. Un article rédigé en septembre 2009 fait le point. Nos adhérents ont pu le découvrir dès sa parution dans la "Lettre n°3 de l'association".

LE PATRIMOINE À BRY

Notre pays est la première destination touristique du monde. Cet excellent classement s'explique par la variété des climats qu'offre l'étendue de notre territoire mais aussi par la qualité du patrimoine français. Nous pouvons à notre modeste niveau tenter de nous inscrire dans cette renommée internationale. Ce n'est pas parce que nous sommes une petite ville de banlieue que nous ne devons pas nous sentir concernés. Concrètement, cela consiste à ne pas laisser péricliter les quelques témoins patrimoniaux qui ont survécu jusqu'à nos jours. Ils ont réussi à échapper à la période dangereuse des années 70 où il s'agissait d'adapter, de gré ou de force, la ville à l'automobile, sans lésiner sur les moyens et les démolitions. Des leçons en ont été tirées par la plupart des municipalités. Or, voici que réapparaît à Bry-sur-Marne la menace de les sacrifier, cette fois-ci sur l'autel du « renouvellement urbain » pour utiliser les termes à la mode. En filigrane, de tous temps, toujours le même acteur en embuscade : le promoteur.

Les raisons de résister sont multiples. Une ville n'est pas un matériau que l'on peut triturer sans vergogne. Elle a une âme. Pour se sentir bien dans son espace, il faut des repères. On se plaint parfois de ne pas réussir à s'y retrouver dans les rues de nos villes de banlieue, toutes identiques les unes aux autres. Il nous faut renseigner les automobilistes de passage à la recherche d'une adresse et qui se sont perdus. Pourquoi ? Les urbanistes le savent : Il faut des repères, des monuments clairement identifiables, qui puissent rompre avec la monotonie pavillonnaire ou les séries d'immeubles. Laissons-en à notre ville! L'ensemble formé par la Villa place du Parc en était un, il fallait le préserver !

LA 26ème ÉDITION DES JOURNÉES DU PATRIMOINE : LES ENJEUX POUR BRY
Voici que se sont présentées à nouveau, pour la 26ème édition, les « Journées européennes du patrimoine ». Elles se sont tenues comme chaque année le 3ème samedi-dimanche de septembre. Notre pays a eu l'initiative de ces journées en 1984. Dès l'année suivante, nos voisins nous imitaient. C'est dire l'importance de l'idée de patrimoine, sans cesse popularisée par les médias.
Et Bry dans tout cela ?
Bry fête Daguerre, mais le diorama ne doit pas servir de prétexte à passer sous silence tout le reste.
Qu'est-ce-qui est protégé dans notre commune ? Le Plan local d'urbanisme ou PLU indique une liste de 11 « éléments paysagés » protégés au titre de la loi « Paysage » de 1993.
Cette liste contient les bâtiments et sites suivants :
1– l'hôtel de Malestroit, déjà protégé par l'État,
2- l'église et son diorama,
3– le monument du square du Maréchal de Lattre de Tassigny, c'est-à-dire sa colonnade,
4– la gare S.N.C.F. (pas le R.E.R.!),
5– le lavoir du square du même nom, donnant sur l'avenue du Général Leclerc,
6– le colombier, près du château de Bry,
7– ce château lui-même, actuelle école privée,
8– le château Daguerre, c'est-à-dire plus précisément la maison dite de Daguerre,
9– le porche d'entrée de l'institut Léopold Bellan sur la rue du 136ème de Ligne,
10– la passerelle reliant Bry au Perreux,
11– le château Lorenz, siège du « Rayon de Soleil bryard ».

Pour consulter ces 11 « éléments paysagers », s'adresser aux services de l'urbanisme et demander l'annexe du PLU et précisément le fascicule concernant le PADD, Projet d'aménagement et de développement durable.
Les 11 éléments sont visualisés en jaune sur le plan de zonage de la ville. Les photographies correspondantes figurent dans le « Rapport de présentation » de ce même PLU pages 138 à 141, au chapitre 2.3. « Dispositions complémentaires ». Cette partie du PLU n'a pas été mise en ligne sur le site internet de la mairie. Pourquoi ?

QUE PENSER DE CETTE LISTE ?
Nous estimons à l'association que cette liste est nettement insuffisante pour une ville de 15 000 habitants et ne permet pas de protéger efficacement notre patrimoine, vu surtout les circonstances actuelles.
De plus, elle ne semble pas avoir été réalisée avec tout le sérieux nécessaire. Nous en voulons pour preuve l'absence du gymnase Léopold Bellan dont on sait qu'il a fait l'objet récemment, en 2008, d'une mesure de protection décidée au plus au niveau de notre pays, c'est-à-dire par l'Etat lui-même !
Notre gentil petit PLU n'avait même pas été capable, en 2006, de faire le nécessaire à notre modeste niveau...
C'est inquiétant. Ainsi, avant cette procédure de protection, ce monument, non protégé par la Ville, risquait bel et bien de disparaître un beau jour comme tant d'autres. (voir l'article consacré à ce monument). Ce n'est pas faire preuve de parti pris que de dire qu'il y a là un réel problème !
Si l'on ignore les choses, il faut utiliser les travaux des personnes compétentes. Il n'y a pas de honte à se faire aider.

LE TRAVAIL A DEJÀ ÉTÉ FAIT
Justement, ça tombe bien : la liste de ce qui serait souhaitable de conserver existe aujourd'hui. Elle a été réalisée par le service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de la France et a donné lieu à la publication destinée au grand public que nos lecteurs connaissent bien (voir photo de l'ouvrageci-contre).
Ainsi l'on s'aperçoit que manquent à l'appel, pour faire court, deux autres édifices appartenant à cette même fondation Léopold Bellan : un véritable petit château de style néo-Louis XIII dans le bas de l'avenue du Général Leclerc (photo p. 89) et l'actuelle maison de l'enfance dans le haut de l'avenue de Rigny, construite en 1927 dans la veine du pittoresque anglo-normand (photo p. 88).
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Il est aussi d'autres maisons beaucoup plus discrètes mais qui n'en sont pas moins révélatrices de tout un aspect de la mémoire de notre ville. Il s'agit de simples maisonnettes édifiées par cette population ouvrière qui avait choisi notre ville pour pouvoir y cultiver un potager. On aperçoit ici ou là un chalet en bois construit de la main des anciens propriétaires ou bien de simples édicules de jardin dans le goût rustique. Il serait sage d'en conserver quelques témoins avant qu'ils ne disparaissent eux aussi.
A ceux qui s'inquièteraient de la restriction des possibilités de construire sur certaines parcelles du fait de la présence de ces tous petits édifices, nous pouvons répondre que le vaste espace vert de la villa située place du Parc, (encore elle !) pourrait en accueillir un certain nombre, en particulier la maisonnette située 15 rue de la Marne et qui tombe en ruine (voir photo p. 106 toujours dans l'ouvrage de l'Inventaire général du patrimoine culturel). Il s'agirait de la démonter pour la remonter au nouvel endroit qu'on lui destine. Les professionnels possèdent le savoir-faire et ce n'est pas très compliqué !
Autrement dit, il serait urgent de procéder à une réactualisation de la liste des monuments inscrits au PLU à la lumière des recherches les plus récentes. Et ce, d'autant plus que la liste de ce qui serait souhaitable de conserver n'est pas interminable... Cette liste figure sous forme d'un plan en deuxième de couverture dans le même ouvrage.


Un effort donc, Messieurs les décideurs !

Emmanuel Copin, d'après l'article paru le 17 septembre 2009.

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LES DEMEURES DE BRY ET LE PATRIMOINE

La 30ème édition des " Journées européennes du patrimoine " s'est tenue dans toute la France le samedi 14 et le dimanche 15 septembre 2013 sur le thème : " 100 ans de protection des bâtiments historiques ".

Pour Bry la protection des monuments reste un combat toujours d'actualité.

Le rôle de notre association : sensibiliser les habitants et les décideurs locaux.
Car on croit (ou on feint de croire) que le patrimoine, ça s'arrête à Versailles ou à Paris et que ce n'est pas pour nous, simple ville de banlieue...
Et qu'à Bry, il n'y a pas grand chose, à part le diorama de Daguerre et quelques autres monuments inscrits à notre PLU.

Quels sont-ils ces monuments ?
En voici la liste :
1- l'hôtel de Malestroit. En fait, il est déjà protégé par l'État, c'est-à-dire à un niveau de protection supérieur à celui que peut offrir notre commune.
2- l'église et son diorama. Celui-ci est aussi protégé par l'État.
3- le monument du square du Maréchal de Lattre de Tassigny, c'est-à-dire sa colonnade. Elle semble peu menacée, protégée qu'elle est par sa situation dans un parc public qu'aucun promoteur ne songerait plus à lotir !
4- la gare S.N.C.F. (ne pas confondre avec le R.E.R...). Voilà le 1er monument qui a effectivement besoin d'une protection. Mais notons aussi qu'il appartient à un établissement public.
5- le lavoir du square du même nom, donnant sur l'avenue du Général Leclerc. Là encore, il s'insère dans un square (voir notre dossier photos) ouvert au public et nous voyons mal ce qui en menace l'existence.
6- le colombier, près du château de Bry. En réalité, le mal est déjà fait : il est prisonnier d'une gangue d'immeubles modernes qui remplacent une ancienne ferme.
7- le château de Bry lui-même, actuelle école privée. Observons encore qu'il appartient à une institution et non à un propriétaire particulier.
8- le château Daguerre, c'est-à-dire plus précisément la maison dite de Daguerre. C'est utile aussi de l'avoir préservé. Il appartenait à la fondation célèbre du nom de Léopold Bellan.
9- le porche d'entrée de l'institut Léopold Bellan sur la rue du 136ème de Ligne. Très bien. Même observation que dessus sur son propriétaire. Mais pourquoi n'avoir pas protégé le porche tout proche, celui de la fondation Favier qui accueille les personnes âgées ?
10- la passerelle reliant Bry au Perreux. On voit mal ce qui la menace de démolition !
11- le château Lorenz, siège du "Rayon de Soleil bryard". Bien, il le fallait, même si son appartenance à la ville le rend également moins vulnérable.
Voir le dossier complet en cliquant ici, les 11 bâtiments.

En réalité, notre patrimoine est bien plus riche que ce que ce que l'on veut, à bon ou à mauvais escient, nous faire croire...

Première piste pour enrichir un peu cette liste qui souffre d'asphyxie :
Le recensement qui a déjà eu lieu pour Bry et Champigny, mené par " l'Inventaire du patrimoine de la région Ile-de-France ", paru dans la collection " Images du Patrimoine ", sous le titre de Bry et Champigny dans les méandres de la Marne (notre photo). Comme il est dit dans cet ouvrage, il ne s'agit là que d'une " sélection des plus beaux monuments ".

Deuxième piste : nous inscrire dans la continuité de ce travail et tenter de parvenir à un inventaire plus complet...
Nous pouvons pour cela nous inspirer d'un exemple voisin : celui de Joinville. Cette commune, après avoir réalisé un recensement complet de ses demeures remarquables, a décidé de les protéger au titre du Plan local d'urbanisme ou PLU. Il y en a 204 !! Cliquez ici pour vous en faire une idée.

Donc nous vous proposons, à l'occasion de ces journées du patrimoine, de lever le nez au hasard de nos promenades dans la ville et de repérer les belles demeures, celles qui à un titre ou à un autre nous paraissent justifier leur protection, soit parce que leur architecture est intéressante, soit parce qu'elle a été la demeure d'une personnalité passée à la postérité.
Chacun peut photographier l'édifice qui lui paraît justifier d'une mesure de protection et qu'il nous fasse parvenir la photo à l'adresse mail de notre site, rubrique "nous contacter" accompagnée de son adresse et des quelques remarques qu'il jugera bon d'ajouter.

En réalité, dans un monde parfait, les services municipaux devraient se charger de ce travail... pour inscrire les bâtiments retenus au PLU, ainsi que cela a été réalisé à Joinville. Cela interdirait à l'avenir leur démolition.

Car ce qui est menacé, ce sont les demeures privées. Des précisions ici.
Lisez également l'article ci-après "disparitions silencieuses".

Au rythme des démolitions, elle est là, l'urgence !
Ce faisant, nous nous inscrivons totalement dans l'esprit des lois de décentralisation qui confie aux collectivités locales la protection du patrimoine des communes.

Ainsi fêterions-nous dignement les " Journées du Patrimoine ", avec la conscience d'avoir fait notre devoir.

E. C., 11 septembre 2013

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