3.- Ce que veulent les promoteurs

PARLONS BÉTONNAGE

Les promoteurs ont tendance à mettre la charrue avant les boeufs. Ils construisent d'abord et réfléchissent après... guidés par de solides intérêts financiers, sous couvert de jouer les philanthropes, en faisant miroiter une augmentation de l'offre de logements.

Selon eux, densifier est leur impératif et la solution de tous nos maux. Sauf que dans la ville la plus dense de France, à savoir Vincennes, il est tout aussi difficile de trouver un logement qu'à Bry... 

La solution au problème du coût des logements est donc ailleurs. Mais ne comptez pas sur la puissante fédération nationale des promoteurs constructeurs, devenue depuis 2005 la Fédération des promoteurs constructeurs de France, la FPC pour les intimes, pour vous le dire. Mieux, par le biais de la FFB (ou Fédération française du bâtiment), qui appartient à cette nébuleuse, ces messieurs se sont offert une belle page dans la presse, par exemple dans le journal "Le Monde " daté du dimanche-lundi 29 et 30 avril 2012, pour s'inviter dans la campagne présidentielle. Parmi les "pistes simples et claires" dont ils assènent le lecteur, la "limitation des coûts", à savoir "arrêter l'empilement des normes qui renchérissent les coûts de construction" et "décourager la rétention, libérer l'offre de terrains et limiter les recours abusifs".

Signalons au passage que cet argumentaire fait écho à un certain vocabulaire employé par la municipalité que nous dénoncions, il n'y a pas si longtemps. Il suffit de se reporter à notre "Lettre de l'association n°15" datée de septembre 2011, écrite à propos du PPRMT-Sécheresse en faveur duquel nous nous sommes battus, pour obtenir finalement gain de cause, la mairie ayant finalement décidé de ne plus s'opposer à ce plan. En effet, que lisions-nous parmi les motifs du refus de la mairie, avant de se raviser ? Ce plan [le PPRMT] « est de nature à augmenter considérablement le coût des constructions » (motif 12)  et « à rendre encore plus contraignantes les constructions privées et publiques (...) dont la réalisation deviendra économiquement intenable » (motif 14) ... Nous expliquions que ces considérations n'étaient pas à leur place chez nos édiles.


Pour revenir à la page publicitaire de la FFB, nous voudrions remarquer ceci :
d'abord les "normes"? Ce sont celles qui protègent le consommateur !
ensuite les "recours"? Ils permettent encore malgré tout un certain contrôle par la loi du bétonnage tous azimuts, dont les excès constatés à Bry sont justement à l'origine de la création de notre association. Il n'y a qu'à écouter la réaction des Bryards face à la perspective d'un chantier voisin pour se rendre compte du potentiel de nuisance de ces messieurs, lorsque leur action n'est pas encadrée... Et sachant aussi que le législateur a déjà, ces dernières années, considérablement réduit les possibilités d'action des associations et des avocats face au bétonnage. Il reste encore quelques angles de défense, il faut croire que c'est encore trop pour ces messieurs, avides d'avoir les coudées franches.

                                                                                                                                                                                                                                          Emmanuel Copin, 16 mai 2012

COMMENT NAISSENT LES IMMEUBLES ?

Les personnes âgées doivent pouvoir être relogées sur place nous dit-on...
C'est même devenu un argument pour les promoteurs : "Vendez-nous votre pavillon" - leur disent-ils - "de toute manière il est vieux et inadapté aux exigences actuelles du logement ; nous n'arriverons pas à le revendre dans de bonnes conditions. Par contre, nous vous proposons de le démolir et de le remplacer par un petit immeuble, dans lequel nous vous réserverons le dernier étage, le plus agréable, avec une vue dégagée. Adieu les soucis du jardinage, des réparations de la toiture, l'entretien de la chaudière... Ce n'est plus raisonnable à votre âge de faire face à tous ces soucis ! Nous prenons à notre charge les frais de votre hébergement pendant la durée des travaux. Et en plus vous y gagnez financièrement, car l'achat du terrain vous laissera en plus une belle somme d'argent..."

Bornons-nous ici à constater que si l'on veut s'occuper du bien-être des personnes âgées, il faut aussi mettre dans la balance l'impératif de ne pas trop bouleverser leur paysage familier. Il est déstabilisant pour elles de voir notre ville en chantier permanent. Brouiller ainsi leurs repères est un facteur d'anxiété. Le rôle d'une municipalité est aussi de faire en sorte qu'elles puissent continuer à reconnaître le Bry auquel elles sont habituées. Et de créer davantage d'espaces verts, avec des bancs !

Et si l'on tient absolument à aller vivre en appartement, est-il défendu de dire que les nouveaux immeubles du Perreux ne sont pas loin, de l'autre côté de la Passerelle ?
Bry a une image, défendons-la !

                                                                                                                                                                                                                                                   E.C. 22 décembre 2010

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