5.- Un désastre: la démolition de la belle villa de la Place du Parc (2010)

RAPPEL DES FAITS EN 4 ETAPES

Exemple de patrimoine sacrifié sans aucune utilité pour la ville : le manoir pittoresque de la place du Parc.

1.- VUE AERIENNE DE LA PARCELLE DE LA PLACE DU PARC

On aperçoit ici le manoir (démoli en 2010) au milieu de son parc. La plupart des arbres ont été également sacrifiés afin de laisser place à une opération immobilière.

Il ne fallait pas laisser confisquer cet ensemble unique par des intérêts privés. La municipalité aurait dû saisir cette occasion de doter la quartier de la Pépinière d'un jardin public d'agréables proportions, qui aurait fait les délices des promeneurs se dirigeant vers les bords de Marne. Mais pour cela, il aurait fallu être à l'écoute des Bryards...

C'est l'exemple-type de ce qu'il ne fallait pas faire. Où trouver maintenant un espace comparable ? Voir ici ce qu'ils ont osé nous proposer à la place!

La ville de Bry paie ainsi chaque année un lourd tribut aux promoteurs. A quand la prise de conscience chez nos décideurs locaux ?

2.- VOYEZ CE QUE CELA DONNE QUAND ON LES LAISSE FAIRE !

A la faveur des vacances de l'été 2010, un nouveau promoteur, plus puissant, est entré en scène avec des engins de chantier qui n'ont pas manqué de pulvériser en quelques instants un bâtiment pittoresque qui avait traversé sans dommage notable plus d'un siècle d'existence et qui était digne de figurer dans les ouvrages d'histoire de l'art. Voir à ce propos notre reportage photographique en bas de la page.


Trois immeubles sont aujourd'hui sortis de terre. Quelque soit la qualité de leur réalisation, elle ne vaudra pas, du point de vue du style, l'ancienne villa démolie. D'une manière générale, il faut bien voir que construire une maison, et a fortiori un immeuble, a des répercussions sur l'espace de tous. Or, ces constructions massives modifient radicalement le paysage urbain de tout un quartier. Avec ce projet, on se rend compte que le laisser-faire prôné par nos édiles conduit en réalité à une régression de notre qualité de vie.

Nous n'avons pu empêcher la démolition du monument, nos adversaires les promoteurs étant trop déterminés et le seul acteur qui aurait pu agir, à savoir la mairie, n'a pas voulu s'en mêler. Il lui aurait été possible de la sauver en l'inscrivant parmi la liste déjà existante des édifices protégés au titre du PLU de la ville, cette procédure n'aurait rien coûté : 0 euro et 0 centime !

Remercions les 1000 signataires de la pétition (voir ci-après) et les sympathisants qui ont continué d'envoyer jusqu'aux derniers instants des courriers en mairie à l'attention de notre maire pour marquer leur indignation.

Bien sûr, les pétitions ont été présentées à notre maire au fur et à mesure, et c'est donc en toute connaissance de cause qu'il n'a pas voulu écouter la voix des Bryards. Chacun en tirera les conclusions qui s'imposent.


Le comité de rédaction, 29 juillet 2010 - 31 octobre 2011.

C'ÉTAIT LA PETITION :

Pétition pour sauver une ancienne villa de la démolition à Bry-sur-Marne

3.- RAPPELONS ICI LES DIFFERENTES ETAPES DE NOTRE COMBAT.

En décembre 2007 paraissait en librairie un ouvrage sur le patrimoine de Bry, publié par l'Inventaire général du patrimoine culturel de la région Île-de-France, du nom de « Bry et Champigny dans les méandres de la Marne ». (1)

Émanant des services du ministère de la Culture, ce livre appartient à la collection Images du patrimoine. Il possède un grand avantage : celui d'être rédigé par des professionnels du patrimoine. Voir notre article "Bry et les journées du patrimoine".

Surprise : parmi la liste des quelques monuments bryards signalés à l'attention des lecteurs, figure, en page 103, la photo d'une grande et ancienne villa située donnant sur la place du Parc ! Cette villa occupait un triangle dont les côtés sont formés par les rues de la République, du Maréchal Foch et de l'adjudant Flick.

A quoi ressemblait la villa disparue ?

Il s'agissait ici d'une villa de grande ampleur. Elle attirait l'oeil des passants, derrière un rideau d'arbres, au point de lui donner le nom de manoir dans le quartier. Derrière l'abondante végétation, ce manoir avait des allures de château de la "Belle au Bois dormant"...

C'était une villa de style éclectique, c'est ainsi que l'on nomme le goût architectural en vogue à la fin du XIXème siècle, date de la construction de la villa. Ce style se distingue par la variété des inspirations en suivant deux grands modèles : soit dans le domaine historique, en copiant les grands styles anciens, de l'art roman à l'art néo-classique, soit dans le domaine géographique, en reproduisant les manières de construire à travers différents pays ou régions françaises. Le tout adapté au confort moderne, c'est-à-dire celui de la fin du XIXème siècle.

Ici, cette grande villa obéissait au goût rustique, en particulier lorsque l'on considérait sa façade, animée d'un décor de rocailles et de ciment imitant le bois pour les balustrades de la terrasse et les rampes des escaliers. Ce penchant pour ce goût répondait parfaitement à la situation de ce monument dans une région autrefois rurale.

La galerie extérieure et le reste de la façade n'était pas sans évoquer le style normand très en vogue au tournant du siècle.

Le plus remarquable dans cette villa était la haute tour qui la couronnait, une tour à "arcatures", c'est-à-dire une suite de petites arcades, à réminiscences romanes, surmontée d'une toiture pentue formant clocher, percée de lucarnes.

Cette variété d'inspirations, très cohérentes entre elles, en faisait un véritable morceau de bravoure.
Aucun ravalement fâcheux n'était venu entre-temps gâter le charme de cette demeure.
C'était une rareté.

L'ACTION POUR TENTER DE SAUVER LA VILLA ET SON SITE

Jusqu'alors, au vu de l'affichage des permis de démolir astucieusement placés à un endroit peu passant, rue de la République (et non sur la rue du Maréchal Foch qui a pour inconvénient d'être fort fréquentée par les clients de la boulangerie -pâtisserie toute proche), nous pressentions que sa démolition serait une erreur.

Mais comment expliquer aux gens indécis ou mal informés que cette villa de la place du Parc mérite qu'on se passionne pour elle ? Comment dépasser le stade des appréciations personnelles, entre les personnes qui, insensibles ou indifférentes, attendent des preuves objectives ?

Avec cet ouvrage du patrimoine, la démonstration d'un intérêt objectif du site devenait possible. Nous nous étions donc attelés en février 2008, à la rédaction d'un texte intitulé : "Sauvons la dernière grande villa de Bry !" et nous avions engagé une campagne de signatures avec l'aide de différentes personnes qui s'étaient passionnées pour sa sauvegarde.

Au cours d'une rencontre avec M. le maire de Bry en février 2008, nous avions pu évoqué différents points, cette villa bien sûr, mais aussi l'urbanisation en cours dans notre ville. Nous n'avions absolument rien obtenu.

Seule la municipalité pouvait sauvegarder cette villa. Dire que la municipalité de Bry avait participé au financement de l'ouvrage sur le patrimoine de Bry ! En toute logique, elle aurait dû nous écouter.


Un courrier à l'ancienne ministre de la Culture nous avait en revanche permis d'obtenir copie d'un courrier de ses services, envoyé à notre maire, déplorant sa décision de laisser démolir cette villa, en s'appuyant justement sur l'ouvrage du patrimoine de Bry. Nous avons reçu également à deux reprises des journalistes du "Parisien" qui ont fait paraître en mars 2008 un 1er article sur cette villa (voir notre photo) puis un second le 24 mai dernier .

Précisons que si cette villa est longtemps restée debout après la signature de son permis de démolir, c'est grâce à l'action des riverains qui avaient saisi le tribunal administratif.

NOUS POURSUIVIONS UN DOUBLE BUT :
1 - La villa
Il fallait faire des propositions pour le réemploi de cette villa afin qu'elle ne soit pas une charge financière pour la commune.

Un musée? C'est l'idée qui venait en premier mais il y avait d'autres destinations possibles pour un monument ancien. Il est en effet sage de ne pas multiplier les musées à fréquentation aléatoire... Il fallait plutôt lui trouver une autre destination afin que son entretien se justifiât. Dans l'île Fanac à Joinville, il existe une école de musique hébergée dans une villa de cette époque, du même genre. Voilà une idée, alors même qu'elle est moins impressionnante que la nôtre... Les curieux pourront profiter des prochaines journées du festival de l'Ôh! pour la voir de près en bateau.

Notre suggestion était donc d'y abriter des activités municipales, type "Office culturel" ou "Ecole de Musique", qui manquent de place à l'hôtel de Malestroit où elles se trouvent actuellement toutes deux.

2 - Son parc

Il fallait aussi saisir cette occasion pour réutiliser le grand parc de 4000 m² en square puisque le quartier de la Pépinière en est dépourvu et qu'il occupe un espace très central dans le quartier. Cela se justifiait d'autant plus que qu'il se trouve à deux pas des écoles de la Pépinière, et qu'il pouvait accueillir les enfants et leurs parents à l'heure des "mamans", tout près d'une boulangerie pâtisserie et d'un café... Le parc pouvait aussi se décliner sous les formes de jardin pédagogique et de jardin partagé dont pouvaient profiter les mêmes enfants.

La sauvegarde de cette villa était une solution de bon sens. Ne serait-ce que par le fait que le besoin d'espaces verts va devenir vital si l'on veut continuer à pouvoir respirer dans une ville dont la densification est devenue la priorité de l'équipe municipale en place ! Si nos édiles veulent être logiques avec eux-mêmes, ils devraient impérativement penser à l'aménagement de notre territoire et profiter de cette opportunité qui nous était alors offerte. Une telle occasion de terrain disponible ne se reproduira jamais.

Les Bryards ont montré qu'ils sont gens animés d'un vrai souci environnemental et patrimonial.

Nos élus sont restés sourds à notre appel.

Emmanuel Copin, 19 avril 2010, relecture du 29 juillet (après la démolition de la villa).

(1) Ce livre est toujours en vente dans les bonnes librairies.


4.- QUELQUES REPÈRES CONCERNANT L'HISTOIRE DE LA VILLA DISPARUE

Notre objectif avait été de maintenir ce monument debout afin de voir son futur se conjuguer autrement qu'au passé.

Les générations qui viendront après nous nous pardonneront-elles de n'avoir pas su empêcher sa destruction ?

En attendant, et cela ne dérangera personne, car il n'y a plus d'enjeu, nous présentons quelques jalons de l'histoire de cette ancienne Villa.

L'architecte n'est pas connu.
Les plans n'existent nulle part.
Il n'y a pas eu de dépôt du permis de construire, cette procédure n'existait pas à l'époque.
Rien à glaner dans les archives...

Nous savons seulement que les anciens propriétaires étaient M. et Mme Lejeune.

La villa proprement dite se composait d'un sous-sol composé entre autres d'un garage et d'une buanderie, d'un rez-de-chaussée avec grand vestibule, cuisine, salle à manger, deux chambres et salle de bains, d'un premier étage avec deux autres chambres, salle de billard, cabinet de toilette, penderie, et enfin un grenier.

Un pavillon, ensuite, logement du gardien, avec en rez-de-chaussée deux pièces, water-closets (sic) et au premier étage également deux pièces et une salle d'eau.

Au fond du jardin un garage et une volière.

Ces anciens propriétaires avaient acquis cette propriété de M. et Mme Reimbold en 1951.

Si des personnes en savent plus long, elles sont conviées à utiliser le forum ou l'adresse électronique de l'association, on bien à nous écrire au siège social.

E. C. 16 décembre 2010

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Quel crève-coeur !

Le parc de l'ancienne villa démolie, rue de la République, malgré nos Mille signataires !

Plus de Mille signataires pour une ville de 15 000 habitants, c'est à dire 6,6%.

Lorsque M. Favier, sénateur, président du Conseil général du Val-de-Marne, avec des moyens puissants, sans commune mesure avec les nôtres, organise une pétition pour sauver le service de chirurgie cardiaque du CHU Henri Mondor à Créteil, il obtient plus de 20 000 signataires : 1,5% Et il a obtenu gain de cause.

Le ministre de la Santé est moins autiste que notre mairie !

Mais ce ne sont pas les mêmes enjeux. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire...

E. C. 26 novembre 2011

Le salon de la Villa disparue

Avant le massacre final, alors que la villa avait déjà été livrée aux pillards, puisqu'ils avaient déjà arraché la cheminée.

On vient nous expliquer ensuite que la Villa était en mauvais état et qu'on ne pouvait pas la récupérer...

Argument usé jusqu'à la corde des vandales de tout poil et de toutes époques...

Et voici tout ce qu'il en reste...

Dans une valise récupérée elle aussi dans la tourmente, un fragment du mur du salon...

ANCIENNES PHOTOS DU TEMPS DE LA VILLA DE LA PLACE DU PARC

Ces photos ont été distraites de la benne. Elles datent des années 70. Elles nous montrent l'ancienne Villa de la Place du Parc, aujourd'hui démolie au profit d'un ensemble immobilier sans âme. Dans le même temps, le parc a disparu. Dès lors, on comprend quel magnifique ensemble, la villa et son parc auraient constitué pour notre ville. Cela ne fait que mieux comprendre les raisons de notre combat acharné pour tenter d'en empêcher la destruction. La bêtise est aujourd'hui irréparable.

Les démolisseurs trouvent toujours de bonnes raisons pour accomplir leur infâme besogne. L'un des arguments était de sous estimer la qualité du bâtiment, d'autant plus qu'il avait été laissé sciemment à l'abandon. Voilà de quoi rétablir la réalité.

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Un endroit où il faisait bon vivre...

Faute d'avoir pu sauver le manoir, n'aurait-il pas été au moins possible de préserver le pavillon du gardien ?

Un parc déjà dessiné. Il n'y avait qu'à le reprendre.

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Vues hivernales, du temps où il y avait des hivers avec neige...

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Deux solutions étaient possibles pour éviter la démolition

  1. Inscription au titre du PLU de la Commune : cela interdit de signer le permis de démolir. Le bien repart dans le circuit des agences immobilières ; un riche particulier, sensible à l'aspect patrimonial de la demeure, l'achète et la rénove.
  2. La commune a une vision du bien public : elle en fait l'acquisition pour une somme comparable à l'agrandissement de la mairie ou à la reconstruction du centre de loisirs municipal Paul Barrilliet pour cause de fondations instables... Voir ci-après (rubrique n°3 - le double but) en quoi consistait la réutilisation de la Villa.

Ce qui nous inquiète et justifie notre vigilance : d'autres constructions dignes d'intérêt ne sont pas protégées et il suffit d'une vente pour qu'elles soient à leur tour démolies. Laissera t-on faire ?