Avril 2010 (suite) - Le patrimoine bryard selon nos édiles - L'action municipale

D'autres réflexions sur ce même dossier "Bry protège son patrimoine" paru dans le même numéro de "La Vie à Bry" (n°356).

5.- Le patrimoine à Bry vu par nos édiles

Un peu plus loin, page 12, dans l'encadré "Les propriétés privées", on peut lire, s'agissant de la protection du patrimoine de la ville :
La collectivité publique peut exercer son droit de préemption uniquement pour mettre en œuvre des opérations d'intérêt général...
Oui : un jardin public lorsqu'il n'y en a pas dans le quartier !

...comme la réalisation d'équipements collectifs...
Oui : des installations pour jeux d'enfants dans ce jardin public, tout près de la grande villa de la place du Parc dont nous vous avons souvent entretenus. Elle est tout à fait apte à accueillir des activités municipales type école de musique ou office culturel trop à l'étroit là où elles sont regroupées actuellement, c'est-à-dire à l'hôtel Malestroit. On sait que pour y trouver de la place, il a fallu faire des travaux et empiéter sur la cour centrale pour installer des bureaux et trouver ailleurs, (ce sont les salles Oriane), d'autres espaces dans un rez-de-chaussée mal commode et d'accès dangereux car les élèves doivent traverser une rue à grande circulation pour s'y rendre.

...ou encore la valorisation de son patrimoine...
Oui : surtout lorsqu'il figure dans un ouvrage rédigé par des spécialistes du patrimoine publié à l'initiative de la Direction régionale d'Action culturelle dans son souci de faire connaître aux maires des communes de banlieue les richesses parfois inconnues d'eux et qui leur incombe de protéger !

...[cela] représente un coût conséquent pour les finances municipales...
Eh oui : 4 millions, le prix de vente de la villa et de son terrain, c'est ce que coûte également l'extension de notre mairie. " Gouverner, c'est choisir ", dit-on. On a choisi de faire une mairie x 2 pour 15000 habitants x 2 = 30000. On voit ce qui nous attend à Bry, dans une ville devenue irrespirable, insuffisamment pourvue de jardins publics.

...[encore faut-il que ces bâtiments soient]accessibles aux personnes atteintes de handicap.
Mais oui : et nous nous étions déjà exprimés sur ce point. Il faut croire que nous n'avons pas été suffisamment clairs. Alors précisons. Un article des " Echos de l'A.D.D.B. ", organe d'une association bryarde, paru en novembre 2008, et que nous avons eu l'honneur de signer en son temps, faisait état d'une étude signée de Me Aurélie Coviaux, du barreau de Paris, spécialisée dans le droit du handicap. L'avocate observait ceci : l'expérience a montré que les architectes spécialisés sont parfaitement à même, selon des dispositifs désormais clairement éprouvés, d'offrir des solutions d'adaptabilité des logements anciens de type pavillon ou villa aux personnes handicapées. Que dire de plus ?

...Chaque particulier peut protéger sa propriété et demander son inscription auprès de l'Etat s'il estime que son bien est remarquable...
Non ! Et nous en avons fait l'expérience avec l'affaire de la villa place du Parc. L'Etat ne protège que les monuments d'intérêt national ou régional, donnons l'exemple de Versailles ou de Chambord pour fixer les idées.
Or, les monuments bryards remarquables ont été inventoriés par les services du patrimoine et leur liste peut être consultée par chacun puisqu'elle a fait l'objet d'une publication à laquelle nous nous sommes maintes fois référés. Ces monuments n'ont qu'un intérêt local ou cantonal et ne justifient donc pas une mesure de protection de l'Etat. Il n'y a pas de petit Versailles ignoré à Bry.
Ce partage des responsabilités s'effectue dans le cadre de la décentralisation. L'Etat laisse, en ce qui les concerne, une grande latitude aux maires d'agir sur le territoire de leur commune par l'intermédiaire du PLU... C'est aux maires de consulter les listes dressées dans les ouvrages spécialisés et de les inscrire au PLU.
Il y a donc un peu de malignité à laisser croire aux propriétaires des maisons bryardes qu'ils doivent écrire au ministère de la Culture pour que l'Etat inscrive leur bien au titre des monuments historiques... Nous espérons que personne ne l'a encore fait, ils vont se moquer de nous !
C'est au seul maire de notre commune que les intéressés doivent s'adresser s'ils veulent obtenir la protection de leur bien. Prétendre qu'il faut s'adresser au ministère, c'est chercher à induire les en erreur et se dédouaner à bon prix de sa responsabilité.
Du reste, la fin de l'article est ainsi rédigé qu'il donne peu envie aux amateurs de se lancer sur cette piste. Ce n'est qu'allusions aux incommodités d'une telle mesure de protection, avec, sous-entendu, baisse de la valeur vénale à la clef, passant sous silence les aspects positifs comme la contribution de l'Etat en pareil cas, avec prise en charge des travaux d'entretien à hauteur de 40 %, sans compter l'éventuelle contribution des autres collectivités locales. Si l'on veut dire des choses, il faut toutes les dire.
Comment le directeur de la publication de cette revue municipale d'une ville de 15000 habitants peut-il laisser écrire des inexactitudes pareilles ! Le moins que l'on puisse lui demander, c'est qu'il sache à peu près de quoi on parle, et quand il ne le sait pas, qu'il s'informe.

(A suivre ! Conservez soigneusement vos numéros de La vie à Bry, nous les lirons ensemble...)

Emmanuel Copin, 5 - 12 mai 2010.

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