Nouveau PLU. La Commisson d'enquête s'est déroulée du 7 novembre au 17 décembre 2016.

UN DOSSIER SENSIBLE : L'INVENTAIRE DES DEMEURES REMARQUABLES DE BRY

(Suite de la page d'accueil)

En fait, si l’on considère toute cette affaire, la mairie nous reproche d’avoir réalisé un inventaire, celui des demeures remarquables, que le préfet, dans son « Porter à connaissance » (inclus dans le dossier du nouveau PLU) lui demandait d’effectuer, ce qui ne manque pas de sel...

Explication : Le « Porter à connaissance » est un document émanant de la préfecture. C'est une liste des attentes du préfet sur le contenu du PLU. On peut y lire ceci dans la partie "Eléments réglementaires et informatifs" : « Concernant le patrimoine bâti local, la ville de Bry sur Marne dispose d’éléments de très grande qualité qui mériteraient une protection au titre de l’article L.123-1-2-III-2° du code de l’urbanisme. L’élaboration du PLU doit être l’occasion d’établir un inventaire exhaustif des bâtiments remarquables de la commune sachant que des bâtiments remarquables non protégés ont été identifiés. La liste complète est accessible sur le site du Ministère de la Culture et de la Communication dans la base de données Mérimée ».
Encore mieux, dans la partie "Attentes particulières de l’Etat", il est précisé à propos du patrimoine : « Des bâtiments remarquables non protégés ont été inventoriés sur la commune par le service de l’inventaire général du patrimoine culturel (...). Cette liste d’un peu plus de vingt bâtiments est un premier inventaire pouvant être le point de départ d’une réflexion plus large et thématique de la commune sur ses patrimoines à protéger (patrimoine public, religieux, industriel, artisanal, de villégiature, funéraire, statuaire...) »  [c'est nous qui soulignons].

Par ailleurs, la mairie leur a bien caché que cet inventaire n'était qu'une proposition de classement, les laissant croire qu'il s'agissait d'un classement d'office de notre part. Ici la lettre du maire contre l'inventaire (en téléchargement). D'où, on l'imagine aisément, l'inquiétude des habitants de ces maisons !

Pris ainsi à partie publiquement, l'association a fait parvenir, à la fois au Commissaire enquêteur et au maire, la réponse que voici. On le voit : tous les arguments de la mairie ne font que traduire sa profonde ignorance du dossier...

Moralité : en réalité la mairie s'oppose à la préservation de notre cadre de vie !

Emmanuel Copin, 19 février 2017

REMISE DE LA PÉTITION DES 1603 AU MAIRE

L'association a rencontré le maire de Bry vendredi 24 février 2017 pour lui remettre la pétiton-monstre signée par 10% des habitants de cette ville!

Lors de l'entretien qui nous a été accordé, nous avons réitéré nos demandes de voir l'avenue de Rigny maintenue dans sa zone originelle UE. Nous avons insisté pour une réelle prise en compte des demeures remarquables ainsi que des arbres centenaires protégés au titre du PLU, non seulement dans cette avenue mais également dans toute la ville. Les services municipaux n'avaient alors plus guère le temps de la réflexion puisque le nouveau PLU a été entériné dès le 20 mars prochain par un vote au Territoire. Nous avons protesté contre cette précipitation. Suite à cet entretien, un résumé de notre position a été remis en mairie : à lire ici.

VOICI LE TEXTE DE NOTRE PÉTITION : "SAUVONS L'AVENUE DE RIGNY !"

"Un nouveau PLU a été décidé par la mairie. Il prévoit un changement de zonage pour l’avenue de Rigny : il permettra la construction d’immeubles de cinq étages.

Cette densification urbaine massive aura de graves répercussions sur notre environnement et notre patrimoine. Les grands arbres qui font le cachet de cette avenue disparaîtront.
Les belles demeures héritées des siècles passés, témoins de la richesse architecturale de notre ville, seront démolies.
En outre, cette avenue se situe en zone inondable : en multipliant le nombre des habitants, on augmentera les risques.
Dernière contradiction : les périmètres de protection du gymnase Léopold Bellan et de l’hôtel de Malestroit concernent une partie de l’avenue. L’insertion harmonieuse de ces monuments dans leur environnement ne sera plus assuré.

Pour toutes ces raisons, nous nous opposons au changement de zonage de cette avenue."


 RÉVISION DU PLU DE LA VILLE
LA MAIRIE CONTRAINTE AU RECUL

Mais en lâchant le minimum... ce qui n'est pas à la hauteur des espérances soulevées par le succès de notre pétition.

Le bilan est mince. L'avenue de Rigny rétrograde au statut de UBB qui n'est qu'un zonage UB (immeubles) un peu retouché, au lieu de UE (pavillonnaire).

Traduction : par rapport à l'existant UE, c'est une hauteur des constructions qui passe de 11 à 12 mètres et une part minimale d'espaces verts qui devient 40%, au lieu d'actuellement 50. Le projet initial UB indiquait 30%, on n'est qu'à mi-chemin. 

Autre souci :
Article 9.1.6 du PLU projeté de la zone UB et UBB, p. 58-59 du futur règlement : "Si les façades excèdent une longueur de 20 mètres, elles devront comprendre des dispositifs architecturaux destinés à rompre la monotonie du linéaire par un traitement séquentiel (décrochés, différences de parements ou de couleurs, composition, par exemple). Cette disposition ne s’applique pas aux équipements publics et d’intérêt collectif".
Décryptage : contrairement à la zone UE, qui prévoit un retrait obligatoire de 2'50 sur au moins une des limites latérales, rien de tout cela en zone UB (ou ses sous-produits UBB, UBA, UBC...) : l'effet obtenu aurait donc été un ruban d'immeubles continu. Un simple changement de teinte dans les façades et le tour est joué! Et cela parce faute de limitation des longueurs
Nous étions très loin de ce qu'affirmait la revue municipale de février 2017 : " Cette zone « UBB » revient à peu de choses près à conserver l’actuel zonage en « UE ». 
Suite à notre action, la mairie a dû là encore retoucher sa copie en rétablissant le retrait obligatoire en cas de dépassement des 20 mètres.

Plus ennuyeux, c'est la signification même d'UBB qui interpelle. Il est bien dit dans la partie du PLU intitulée "Justification des choix retenus" que cette zone UBB vise à enclencher "une densification progressive et limitée", en jouant "un rôle de transition douce". Cette densification "est amenée à être progressive à proximité des tissus pavillonnaires". Son but est de "faire évoluer" ces tissus.   
Il faut un décodeur, le voici  : UBB est donc une transition vers UB, non seulement dans l'espace mais aussi dans le temps. UBB aujourd'hui, UB dans 8-10 ans, lors de la prochaine révision du PLU...
Pour s'en tenir à l'aspect seulement spatial de la transition voulue, on s'interroge encore sur sa pertinence, sachant que l'avenue en UBB est totalement isolée entre deux secteurs UE, le secteur situé vers la Marne et le secteur situé autour de la rue du maréchal Joffre. 

Plus fondamentalement, le changement de zonage de cette avenue repose sur l'idée selon laquelle l'avenue de Rigny serait un axe structurant. Ce qu'elle n'est pas. C'est une simple voie interne mal desservie par les transports en commun, sans activité commerciale, sans présence d'équipements publics. Vers la Marne, elle bute sur le quai, dans Noisy elle s'achève sur une impasse. Puisque le présupposé "axe structurant" ne tient pas, l'avenue n'a pas à changer de zonage.

Dernier point, les attentes de l'Etat. Le "Porter à connaissance du préfet" en fixe les attentes et il est clair. Il ne distingue qu'un seul secteur à fort potentiel de densification, celui de la future gare Bry-Villiers-Champigny. Ailleurs dans la ville, il se contente d'un objectif situé entre 10 et 15 % de densification. Or, nous soutenons que l'actuel classement UE suffit pour y arriver. Il permet déjà la création de petits immeubles collectifs, ainsi celui du 49.

La pétition monstre de plus de 1600 signatures est pourtant claire : elle s'oppose au changement de zonage de cette avenue.

PROPOSITIONS ET CONTRE-PROPOSITIONS REMISES AU COMMISSAIRE ENQUÊTEUR

Bien des dossiers ont été traités. En effet, au cours de cette enquête, notre association a communiqué au Commissaire enquêteur ses remarques sur le projet de PLU que vous pouvez découvrir ici (par téléchargement) : Carences de l'information ; Carences de la concertation ; Remarques sur le zonage et sur le patrimoine ; Remarques sur l'environnement ; Remarques à propos des indications du préfet et sur les OAP. Au total une production de quelque 66 pages... 
                                                                                         

Hormis le scandale de l'avenue de Rigny, deux points du futur PLU ont retenu notre attention.

1.- Protection du patrimoine : rien face aux démolitions futures
Aucune réelle évolution dans la liste des 11 « éléments paysagés » protégés par l’ancien PLU !  On passe à 13 éléments avec l'inscription de la... mairie et du gymnase Léopold Bellan, dèjà protégé par les Monuments historiques. De qui se moque -t-on ?
Nous avons déjà dit maintes fois que cette liste est nettement insuffisante pour une ville de 16 000 habitants et ne permet pas de protéger efficacement notre patrimoine surtout dans les conditions actuelles de pression foncière.

Pendant ce temps, de nombreuses communes du voisinage s’y mettent : Nogent, Villiers ou Joinville, par exemple. Cette dernière totalise au titre du PLU non moins de 204 bâtiments qu'elle protège, villas XIXème et début XXème pour la plupart. Bry reste obstinément bloquée à une petite dizaine.

C’est pourtant de la responsabilité des maires concernés de procéder à l’inscription dans leur PLU de leurs demeures remarquables présentes sur leur territoire. En effet, dans le cadre de la décentralisation, les éléments d’intérêt local doivent être protégés localement. L’Etat ou la région font le nécessaire à leur niveau. Les maires doivent donc à leurs administrés la réalisation de la partie de la tâche qui leur incombe. Pour les aider, la DRAC fait paraître des ouvrages de référence, pour nous c’est « Bry et Champigny dans les méandres de la Marne » dans la collection « Images du Patrimoine » que nos lecteurs connaissent. Et dire que la ville avait participé financièrement à sa publication !

Certes, ces éléments appartiennent à des propriétaires privés. Selon notre analyse, la philosophie qui doit guider l’action des édiles ne doit pas être de laisser péricliter ces éléments paysagers sous le prétexte de la liberté absolue du propriétaire de tirer le maximum d’argent de la vente de sa propriété à un promoteur désireux de tout raser pour construire des immeubles à la place, ni d’avoir pour unique souci l’addition des égoïsmes individuels et de l’esprit de spéculation. Le souci d’un intérêt supérieur, celui de l’intérêt général, doit prévaloir. C’est celui du droit des habitants de vivre dans un paysage hérité faisant le charme ainsi que l’attrait de notre Commune. 
C’est ce souci qui guide l’action des départements, des régions et de l’Etat dans leur périmètre. Le maire s’y refuse et se borne à des bâtiments qui appartiennent à des institutions.

2.- Protection de la nature et de l’environnement : néant
La proportion des espaces verts a diminué de près de 30% en 20 ans. Il faut réagir. Que dit le PLU ?
La protection de l’agriculture urbaine est un moyen de concerver les espaces verts. Les jardins potagers encore cultivés aujourd’hui doivent être protégés.
Or, il en existe plusieurs, spécialement dans les quartiers inondables de la ville. Cette protection présente l’intérêt de conjuguer ses effets avec celui de voir la vulnérabilité de cette zone inondable réduite en freinant les constructions (PPRI).

Autre point, sur les coteaux de Bry, aucune disposition n’est prévue en faveur de la « Bonne de Bry » qui, selon l’Office de tourisme de la ville, est une « variété de prunes, spécialité bryarde considérée par les spécialistes comme un fruit exceptionnel ». Elle figure même sur le blason de la ville, à la droite de l'écu. L’Office ajoute « Les vergers se trouvaient sur les coteaux. La terre du coteau argileuse et pierreuse, était favorable à ces pruniers ». Cause toujours ! Le souci de prévoir les espaces nécessaires à cette culture n’apparaît nulle part !
Et pourtant, ce souci de préserver quelques vergers rejoindrait l’utilité d’éviter de trop surcharger les zones exposées au risque de mouvement de terrains (PPRMT).

Le PLU pourtant signale une volonté de « préserver durablement une trame de jardins privés ». Dans ce but, le règlement de la zone UE fait la remarque suivante p. 19 du projet : « préservation des cœurs d’îlots dans le tissu urbain pavillonnaire ». Ces cœurs d’îlots doivent donc être inconstructibles, c'est du moins l'objectif affiché. L’instrument prévu par le PLU est la bande constructible de 20 mètres, prévue pour limiter les profondeurs de constructions et épargner ainsi la végétation située en fond de parcelle.
Or, cet instrument existait déjà. Il est largement inefficace car il est systématiquement contourné par les promoteurs. En effet, il leur suffit de construire une voie privée servant à desservir des constructions enclavées nouvelles. La voie pénètre jusqu’à l’intérieur de l’îlot et devient la base de départ d’une nouvelle une bande constructible de 20 nouveaux mètres.
Le projet du PLU se borne à limiter les constructions dans les cœurs d’îlots à deux maisons par voie privée, ce qui ne résoudra rien  !
Il faut des mesures beaucoup plus efficaces. Elles ne peuvent consister qu’en l’interdiction pure et simple de construire dans des cœurs d’îlots.
Emmanuel Copin, le 5 oct. 2016
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UN PROCESSUS EN QUATRE ÉTAPES


Rappel des étapes précédentes.
1ère étape : diagnostic.
Un hic :
Notre association n'avait pas été conviée à la discussion, contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là.
Voyez cet extrait du journal "Le Parisien" du mois d'octobre dernier... 
On peut y lire : "Le maire a rencontré (...) l'ensemble des présidents d'associations bryardes pour leur exposer sa démarche."  
Peut-être mais pas nous ! Aucune invitation ne nous était alors parvenue...

Notre association « Agir pour la Sauvegarde de Bry » n’avait pas été conviée non plus à ces "balades urbaines", "conversations bryardes", et donc à ces "rencontres avec les présidents d’associations" dont fait état également notre maire dans « la Vie à Bry »...
La large concertation autour de ce PLU a connu quelques ratés ! 

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2ème phase : PADD ou "projet d'aménagement et de développement durable".

Regrets ? Repentirs ? Toujours est-il qu'on s'est enfin souvenu de notre existence...

A la réunion qui s'était tenue en mairie le 8 décembre 2015, nous étions enfin conviés au titre des "personnes publiques associées"Malgré des délais très courts (ayant été avisés seulement au dernier moment par lettre recommandée), nous avions pu nous libérer. 

Précisons d'abord que le PADD se veut la "clef de voûte" du PLU. Il présente une vision de notre avenir ; c'est une manière d'engagement que la municipalité prend vis-à-vis de nous, les habitants. Par exemple, le règlement du PLU futur devra être en cohérence avec ce PADD.

Résumé de la réunion :

Après une présentation rapide de l'état des lieux de notre ville par la société consultante, CITADIA Conseil, chargée par la mairie des études nécessaires dans le cadre du nouveau PLU, notre maire a présenté les grands axes du PADD, objet de la réunion du jour.

Beaucoup de personnes étaient invitées "es-qualités" à cette réunion : elles émanaient des différentes collectivités locales intéressées, par exemple la région (via son conseil régional), le département (idem), la communauté d'agglomération de la Vallée de la Marne, la mairie du Perreux, diverses directions départementales dont les sigles sont : DRIEA, DRIHL, DRIAAF, des représentants d'agences diverses dont celles chargées de la Marne (syndicat Marne Vive), Epamarne et enfin Véolia Eau. Deux associations bryardes étaient présentes, dont la nôtre.


Quatre thèmes : développement économique, transports, habitat, environnement.


Quelques informations ont retenu notre attention :

  • Le gymnase Léopold Bellan, que nos lecteurs ne connaissent que trop, (du fait d'un article remarqué et qui a migré en pages intérieures - voir rubrique "patrimoine" ) deviendra une pépinière à start-up... Le quartier formera un pôle de développement économique comparable, en plus petit semble-t-il, à ce qui existe déjà autour de l'INA - SFP. 
  • Le centre-ville qui a "vieilli"  (sic) fera l'objet d'une opération "coeur de ville" ;
  • La desserte du quartier de la Pépinière, quartier resté en grande partie à l'écart du réseau de bus, se fera par extension de la ligne suivie par le 520. Cette ligne fera ainsi boucle autour de la ville, prolongeant ainsi les Hauts de Bry. 
  • Un "éco-quartier" verra le jour à Bry-sur-Marne. Lointain successeur de celui du quartier Vauban à Fribourg-en-Brisgau, Allemagne, il se situera... tout près de l'autoroute, mais sans les nuisances nous dit-on, et à proximité du nouveau quartier appelé à se développer autour de la ligne 15 (futur périphérique voulu par le Grand Paris). A ce propos, le maire n'a pas caché que la date de livraison du chantier s'éloigne au fur et à mesure que les travaux avancent. Les banlieusards tributaires des moyens de transports en commun, et aussi les autres, - car tout est lié - apprécieront.
  • La ville est "carencée", comme on dit joliment, ce qui signifie qu'elle a pris du retard par rapport aux quotas à atteindre en logements sociaux, à cause de recours venus des riverains des projets pressentis nous a t-il été gentiment précisé... mais il y aura de quoi rattraper notre retard, en particulier par la création de résidences pour intermittents du spectacle autour du pôle audiovisuel des Hauts de Bry. Observons ici, même si je n'en ai rien dit, que c'est tant mieux si les projets nouveaux sont correctement ficelés, et ne se situent pas en zone inondable...
  • La dernière page du PADD, intitulée "Objectifs chiffrés de modération de la consommation d'espace à Bry"  indique un grignotage des rares espaces naturels encore existants à Bry avec la disparition d'un tiers du peu qui avait résisté à l'urbanisation en 2002. D'où la situation dégradée actuelle (chiffres de 2014). Mais ouf, l'espace en eau n'a pas bougé ! (La Marne - 141974 m2, très exactement, pour ceux que ça intéresse...) Le maire s'est dit étonné de la présence d'une telle statistique (modération de la consommation d'espace) attendu que la région, par son plan directeur (le SDRIF) a imposé une surdensification générale. Donc si on densifie, selon lui, on ne modère pas la consommation d'espace. C'est une certaine vision des choses...

Voici le document pour comprendre la consommation des espaces naturels à Bry :

Que faut-il y comprendre ?
D'abord, le bleu que vous voyez, c'est la Marne... Evidemment, nos amis les promoteurs, même s'ils le voulaient, seraient bien en peine de la grignoter, cette rivière ! Encore que... mais la recouvrir pour bâtir des immeubles n'est pas à l'ordre du jour et chacun s'en réjouira... 
Mais ce bleu que vous apercevez est un alibi pour le vert, c'est à dire les espaces naturels. Ils deviennent secondaires... De quoi se plaint-on puisqu'il y a la Marne ? On voit ici que ces espaces naturels se sont raréfiés dangereusement, malgré tout le discours sur le développement durable et la défense des espaces verts qu'on clame haut et fort... Qu'il y a loin du discours à la réalité ! 
Or, que constate-t-on ? 
La perte de près d'un tiers de cet espace naturel entre 2002 et 2014, en 12 ans seulement. De 93801 m2 il y a encore peu de temps, on est passé à 67867 m2 seulement. Un tiers a disparu. On s'en est donné à coeur joie, pendant que le discours dominant nous endormait... Et c'est dramatique ! Moins de la moitié de la surface de la Marne désormais pour ces espaces naturels... Et on voudrait continuer à les réduire ?

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Nouvelle venue dans ce genre de réunion, et trop longtemps laissée à l'écart du processus de concertation, on comprendra que l'association avait beaucoup de remarques à faire lors de la discussion qui a suivi l'exposé du maire :

D'abord à propos de la consommation des rares espaces naturels encore existants, j'ai fait observer qu'il ne devait pas y avoir d'objectifs permettant un (léger?) grignotage seulement mais pas de grignotage du tout, du fait du manque d'espaces vert à Bry ! 
Naturellement je pensais surtout aux espaces verts publics, mais on m'a opposé la présence des espaces verts privés, des jardins du pavillonnaire par exemple... qui font de Bry une ville suffisamment dotée, à ce qu'ils disent. Et puis ce grignotage, m'a t-on assuré, serait très faible, attendu que la plupart des projets se feront en renouvellement urbain, en clair, en reconstruisant après démolition. 
Malgré les interrogations sur le bien fondé de la présence du document intitulé "Objectifs chiffrés de modération de la consommation d'espace", il nous apparaît au contraire très nécessaire de faire machine arrière et même de se lancer à une reconquête... Ainsi, il faut défendre les 487 m2 d'espaces agricoles (en orange) encore existants (chiffre inchangé depuis 2002) et hélas eux aussi menacés comme le reste...

Autres points abordés lors de la discussion :

  • A la question du devenir du PPRMT qui, on s'en souvient, est le "plan de prévention du risque mouvement de terrain", et constatant qu'il avait été pris en compte dans les schémas d'ensemble du PADD soumis à notre réflexion, j'ai demandé s'il était publié, à l'instar du PPRI (les inondations). Aucune des personnes présentes n'a su éclairer ma lanterne et me dire ce qu'il en était advenu... Etrange de voir un plan disparaître à ce point des écrans radars, et ce après la parution du rapport d'enquête. Comment se fait-il que le préfet ne l'ait pas signé ? A quel niveau ça coince et pourquoi ? Personne parmi l'aréopage (exemple la personne de la DRIEA) n'en sait rien ! Surprenant !
  • Discussion autour de la préservation des coeurs d'ilôts, vous savez, ces espaces verts derrière les maisons et qui forment avec les jardins mitoyens de véritables havres de verdure pour les oiseaux et des poumons d'oxygène pour les gens. Ils sont inscrits dans le schéma récapitulatif de l'axe 4 du PADD sous l'intitulé "préserver durablement une trame de jardins privés" ; cela concerne aussi les coteaux et la Garenne. Nous voudrions autre chose que le simple maintien de la règle des 50 % d'espaces verts, mais ce n'est pas gagné apparemment.                                                                                                                                                   
  • A noter pour information que la "passerelle" de franchissement de l'A4 permettant d'accéder plus facilement à l'emplacement futur de la gare de Bry-Villiers-Champigny, puisque c'est ainsi qu'elle s'appelle, c'est à dire vers le Bricorama, que cette passerelle donc est encore là pour un bout de temps, les plans pour la réalisation d'une liaison plus large n'ayant pas encore abouti...


Fin de la réunion à 11 h 20. Un peu rapide donc.


Au delà de l'impression de consensus généralisé autour du projet de notre ville et que traduit ce PADD, il convient de se méfier des évidences massives marquées par l'emploi d'une redondance fort à la mode (mais ce n'est pas une raison) et qui consiste à employer un peu trop fréquemment la locution "bien évidemment"... Méfiance, car si les généralités sont consensuelles, le diable en revanche se cache, et on le sait bien, dans les détails ! Ils feront justement l'objet des discussions à venir : zonage et rédaction des articles mêmes du futur PLU...


Nous réservons à nos adhérents le reste de nos observations. Nous sommes ici restés "grand public"

Voyez cependant le Compte-rendu complet de la réunion à la rubrique  "nouveau PLU" !

                                                                                                                                                      

                                                                                                                                               Emmanuel Copin, 12 février 2016

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UN ÉCHO DES RÉUNIONS PUBLIC - MAIRIE SUR LE FUTUR PLU

Dans sa page attitrée du journal municipal d’octobre 2015, notre maire revenait sur la révision du PLU qu’il a décidée. Il invitait les Bryards à participer à des ateliers thématiques. Parmi les Bryards qui s’y sont inscrits - puisqu’il fallait s’inscrire – figurait un certain nombre de nos adhérents.


D’où ces échos.


Certains, nous a-t-il été rapporté, ont pu être freinés par l’obligation de s’inscrire préalablement. Pourquoi cette précaution ? Craignait-on une trop grande affluence ?
Quoiqu’il en soit, lors des réunions, la présence de consultants qui ont pris en main les opérations met en lumière leur rôle central. Payés par la mairie, ils deviennent par la force des choses des communicants. Ils défendent les intérêts de la mairie et sont surtout soucieux d’amener les participants sur leur terrain. D’ailleurs l’exposé préliminaire mené par ces personnes fixe avec trop de précision les contours de ce qui est attendu.


Lors des discussions, la diversité des participants entraine une certaine dispersion. Il est vrai que l’art de la synthèse est un art difficile... La compétence est parfois noyée au milieu de considérations assez personnelles, et surtout l’écueil de l’opposition entre les quartiers resurgit. Les uns, nous a-t-il été rapporté, défendant l’idée de supprimer toute sectorialisation de Bry au prix même de la démolition des belles demeures des bas quartiers, avec l’alibi du social.
On s’en doute, tous les échanges de la matinée ne sont pas repris dans le compte rendu. On devine que des filtres permettront de mettre en lumière les thèses favorables aux plans prédéfinis et de minimiser les prises de positions autres. Qu’en retiendra M. le maire ? Car de toute manière, c’est à lui que reviendra la décision finale.


Lors de la réunion du 10 octobre dernier, quatre ateliers ont été mis en place :
1.- Habiter à Bry,
2.- L’économie à Bry, les commerces,
3.- les transports : d’où des développements sur le vélo électrique ou l’énergie locale...
4.- le cadre de vie et le patrimoine, les risques et les nuisances.
Ce quatrième point, qui nous est cher, était donc en dernier. Cela n’a pas manqué : les trois premiers points ayant consommé le temps imparti, il a été sacrifié au moment des synthèses. Hélas, c’était prévisible, la dernière roue du carrosse... mais même les trois points, compte tenu du champ très large des ateliers, n'ont été que survolés.
Le tout avec distribution de quelques documents en couleurs, accompagnés de problématiques déjà bien orientées. C’est la préfiguration du futur PADD, cette 1ère partie du PLU qui en fixera les grandes lignes.


Sinon, il n’y a pas à dire, c’est un moment sympa, bonne ambiance, un petit pot à la fin...

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